Le traité de l'Élysée
Le traité de l'Élysée conclu en 1963 entre l'Allemagne et la France revêt aujourd'hui une importance quasi mythique. Après la Seconde Guerre mondiale, le climat était sceptique. Les Français ne trouvaient pas les Allemands passionnants, mais ils avaient simplement peur d'eux, de leur regain de puissance, de leur efficacité légendaire et de leur agressivité. C'est ce qu'ils avaient retenu de la guerre franco-allemande de 1870/71 et des deux guerres mondiales.
(à gauche à table) Gerhard Schröder, Konrad Adenauer, Charles de Gaulle, Georges Pompidou et Maurice Couve de Murville
Le président français De Gaulle et le premier chancelier Adenauer ont rendu un grand service à l'Europe. Ils ont balayé tout le théâtre autour du caractère national et de l'inimitié héréditaire. Au cours de l'hiver très rigoureux de 1962/63, lorsque le Rhin a gelé pour la dernière fois, ils ont signé le traité de l'Élysée, qui a jeté les bases d'une bonne coopération entre les deux pays.
Immédiatement après, lors de la ratification par les parlements, une première crise éclata. En effet, les transatlantistes de Bonn avaient souligné dans un préambule au traité les liens qui unissaient l'Allemagne aux États-Unis. Cela avait fortement irrité De Gaulle, mais Adenauer avait réussi à apaiser les tensions lors d'une visite d'État à l'été 1963.